Critique Spectacles Théâtre Votre Week-End à Bruxelles

« LES FALAISES » MANQUENT DE RYTHME

CRITIQUE. « Les Falaises » – Mise en scène Antonin Jenny – Théâtre Les Tanneurs, Bruxelles – du 22 janvier au 1er février 2020.

C’est toujours un bonheur d’aller au Théâtre des Tanneurs, cette fois encore, la salle grouille, le décor remporte d’emblée l’adhésion du public. On s’y croirait dans ce commissariat de police désuet au pied des falaises. Tout est gris. Bravo à Charles-Hippolyte Chatelard d’avoir pris le parti de montrer les bureaux uniquement de l’extérieur laissant ainsi le spectateur dans le couloir. Un parti-pris intéressant.

L’histoire se déroule dans une petite ville de province, au bord de l’océan, en Bretagne peut-être. Peu importe le lieu. Quatre policiers et leur chef y travaillent. Une mission sur une île s’annonce, mais rien ne semble se passer comme prévu… Sous le nom de la Compagnie, Fany Ducat, il y a en fait trois visages : Antonin Jenny (à l’écriture, la mise en scène et sur scène), Alice de Cat en et Charles-Hyppolyte Chatelard à la scénographie. Ils se sont rencontrés lors de leurs études à l’INSAS et ont créé la pièce ensemble. Basée sur leur projet de fin d’études, « le Commissariat », adapté ici à la scène en version plus longue ; ce saut ne lui a peut-être pas réussi. Pourtant les éléments étaient là. Un décor parfait pour rendre cette atmosphère lourde (à saluer, en fin de spectacle, le public a la possibilité d’aller le visiter pour découvrir ce qui se cache derrière ces portes de bureaux). Une intrigue intense : un disparu, une enquête, un mort. Cependant, le rythme des phrases, lent, intrigant au début, devient quelque peu lassant. Certes, on sent la volonté d’utiliser les codes du polar, les silences, les va-et-vient entre le réel et l’absurde, entre le présent et le passé, mais l’ensemble ne parvient pas à capter l’attention du public.

Il y a de belles trouvailles pourtant dans ces dialogues, parfois absurdes et souvent d’un humour grinçant qui traduisent bien les relations compliquées entre collègues, mais il y manque du rythme, un retournement, un souffle, comme celui de la bande dessinée « Paysage après la bataille » (d’où vient le nom Fany Ducat). C’est dommage. Malgré cela, on reviendra voir des pièces de ce collectif, Antonin Jenny étant artiste associé au théâtre des Tanneurs.

Colombe Warin

Avec Tom Adjibi, Sacha Fritschké, Antonin Jenny, Maya Lombard, Anne-Marie Loop, Thomas Noël

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