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BD. « ODAWAA », BALLADE POUR UN CREE

BANDE DESSINEE. La Chronique de Philippe Degouy.
« La ballade du soldat Odawaa ». Scénario de Cédric Apikian, dessin de Christian Rossi. Editions Casterman, 88 pages, 19 euros.

Avec cet album publié aux éditions Casterman, ses auteurs ont profité de l’intrigue pour rendre hommage aux soldats amérindiens venus mourir pour la France en 14-18. Une BD indispensable.

France, février 1915. Les troupes canadiennes sont engagées dans de terribles combats. Parmi elles, les Amérindiens sont utilisés pour leurs talent de tireurs d’élite et de chasseurs. Et notamment Joseph Odawaa, un Indien de la tribu Cree. Redoutablement efficace, il répand la terreur parmi les lignes allemandes en éliminant ses cibles de façon violente, avant de les scalper. Sous les ordres du capitaine Ernest Keating, il est chargé de traquer et d’éliminer une bande de pillards allemands commandés par le commandant von Schappner. Mais qui est donc ce soldat Odawaa? Ses pairs ne l’ont jamais vu et son lit est resté intact depuis son arrivée. Seul le capitaine Ernest Keating reste en contact avec lui . Un officier canadien qui semble cacher un lourd secret…

Fruit de l’alliance entre Christian Rossi (W.E.S.T., Jim Cutlass, Le chariot de Thespis…) au dessin, et Cédric Apikian au scénario, cette Ballade du soldat Odawaa (éd. Casterman) surprend par son sujet, rarement traité. Mais aussi pour la maîtrise de l’intrigue. Outre la traque menée par Odawaa, se greffent également deux éléments narratifs qui vont mener à un épilogue en forme de coup de théâtre. Le lecteur ne peut que rester bouche bée à la lecture des dernières planches.

Un excellent album qui demande toutefois une lecture attentive, au risque de perdre rapidement le fil. Quant au dessin de Christian Rossi, dynamique et cadré comme un film de Sergio Leone, il permet de savourer la superbe représentation du champ de bataille, avec des scènes urbaines de toute beauté quant à leur composition.

Une BD sans temps morts, qui permet aussi de se pencher sur l’histoire de ces 4500 Amérindiens qui ont débarqué en France. Quelque 300 d’entre eux n’ont pas revu le Canada. Parmi eux figuraient notamment le petit-fils de Sitting Bull, Standing Buffalo, et le tireur d’élite Francis Pegahmagabow, l’Amérindien le plus médaillé, à l’origine de la mort de 378 soldats allemands.

Une sacrée ballade qui mériterait sans nul doute d’être confiée à un cinéaste. Pour devenir certainement un classique du genre. A la fois western et film de guerre. Qui a dit Tarantino?

Philippe Degouy

Couverture : éditions Casterman

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