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« SOMNIA », NOUVEL OPUS D’ANNE TERESA DE KEERSMARKER CREE AVEC SES ETUDIANTS DE P.A.R.T.S.

DANSE. « SOMNIA » – P.A.R.T.S. / Anne Teresa De Keersmaeker, Jolente De Keersmaeker – Du 29 mai au 1er juin 2019, Parc du Château de Gaasbeek – puis au Kaaitheater, Bruxelles, du 5 au 9 juin 2019. Dans le cadre du kunstenfestivaldesarts.

Un groupe de 44 danseurs, accompagnés d’Anne Teresa et Jolente De Keersmaeker, ouvrent un dialogue avec le paysage naturel. Ils foulent les zones liminaires entre bruit et silence, lumière et obscurité, distance et proximité, là où surgissent de nouveaux potentiels et de nouvelles limites. Hors des murs du théâtre, en quête d’une esthétique écologique, ils élaborent une performance fondue dans l’environnement naturel à partir d’un minimum d’interventions théâtrales.

« Avec Somnia, nous avons voulu créer un cadre permettant de faire une expérience très directe de la nature, autant pour les étudiants que pour le public. Nous partons de l’“environnement” le plus intime que l’homme puisse posséder : le corps par lequel il existe. Nous avons tous vécu avec l’idée que dominer et exploiter la nature allait de soi ; mais, par notre présence physique, nous avons aussi expérimenté notre participation à cette nature, et que la nature fait partie de nous. Cette expérience mène à la prise de conscience que, par la destruction de notre environnement, nous approchons de notre propre fin – et dès lors croît notre compréhension des grands défis qui nous attendent lors des prochaines décennies. » La forêt et la nuit étoilée constituent le décor idéal des rêves que convoque le titre. Le premier Songe qui guide le travail de Somnia est celui de Johannes Kepler, Somnium : une nouvelle du XVIIe siècle sur le fil du rasoir entre science et science-fiction, où l’astronome démontre les trajectoires elliptiques des planètes autour du soleil. A Midsummer Night’s Dream est le second Songe. Placés sous l’emprise des récits fantastiques de Shakespeare et Kepler, les danseurs associent texte, danse et musique en se jouant de la gravité, immergés dans un espace-temps tournant à mille lieues du théâtre urbain. Comment organiser le mouvement pour en faire tantôt un jeu qui défie la gravité, tantôt l’incarnation d’une idée, d’un texte, d’une langue ? Anne Teresa et Jolente De Keersmaeker ont envisagé des réponses à ces questions avec les étudiants en dernière année de P.A.R.T.S.

Somnia est l’amorce d’un nouveau récit. Il esquisse le rêve d’une génération de jeunes danseurs qui se préparent à affronter les défis qui nous attendent, habitants de la Terre.

Ce sont les impostures de la jalousie.
Jamais, depuis le commencement de la mi-été,
nous ne nous sommes réunies sur la colline, au vallon, au bois, au pré,
près d’une source cailloutée, ou d’un ruisseau bordé de joncs,
ou sur une plage baignée de vagues,
pour danser nos rondes au sifflement des vents,
sans que tu aies troublé nos jeux de tes querelles.
Aussi les vents, nous ayant en vain accompagnés de leur zéphyr,
ont-ils, comme pour se venger, aspiré de la mer
des brouillards contagieux qui, tombant sur la campagne,
ont à ce point gonflé d’orgueil les plus chétives rivières,
qu’elles ont franchi leurs digues.
Ainsi, le bœuf a traîné son joug en vain,
le laboureur a gaspillé sa sueur, et le blé vert
a pourri avant que la barbe fût venue à son jeune épi.
Le bercail est resté vide dans le champ noyé,
et les corbeaux se sont engraissés du troupeau mort.
Le mail où l’on jouait à la marelle est rempli de boue ;
et les délicats méandres dans le gazon touffu
n’ont plus de tracé qui les distingue.
Les mortels humains ne reconnaissent plus leurs vêtements d’hiver :
ils ne sanctifient plus les soirées par des hymnes ou des noëls.
Aussi la lune, cette souveraine des flots,
pâle de colère, remplit l’air d’humidité,
si bien que les rhumes abondent.
À cause de nos discordes, nous voyons
les saisons changer : le givre à crête hérissée
s’étale dans le frais giron de la rose cramoisie ;
et au menton du vieil Hiver, sur son crâne glacé,
une guirlande embaumée de boutons printaniers
est mise comme par dérision. Le printemps, l’été,
l’automne fécond, l’hiver chagrin échangent
leur livrée habituelle : et le monde effaré
ne sait plus les reconnaître à leurs produits.
Ce qui engendre ces maux,
ce sont nos débats et nos dissensions :
nous en sommes les auteurs et l’origine.

(Monologue de Titania, extrait du Songe d’une nuit d’été, William Shakespeare
Traduction : François-Victor Hugo)

Comme nous, sur Terre, Levania connaît, sur toute sa surface, l’alternance des nuits et des jours. […] Aux deux pôles, la moitié de l’année, le soleil est caché, et brille durant l’autre moitié, jour et nuit s’équilibrant ainsi, tandis que le Soleil accomplit sa course autour des montagnes. Levania, pour ses habitants, est au milieu des astres en mouvement, mais elle est pour eux tout aussi parfaitement immobile que notre Terre peut l’être pour nous.

(Extrait de Somnium, Johannes Kepler
Traduction : Thérèse Miocque)

Photos Michel Petillo

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