Chronique Littéraire Livres

« L’OUTSIDER », LA METAPHORE DU MELON SELON STEPHEN KING

LIVRES. La Chronique littéraire de Philippe Degouy
« L’Outsider ». Roman de Stephen King. Editions Albin Michel, 570 pages, 24,90 euros.

L’Outsider, la métaphore du melon selon Stephen King

Publié aux éditions Albin Michel, L’Outsider permet à Stephen King de renouer avec le style de ses premiers romans. Avec une horreur pure distillée peu à peu au sein du quotidien d’une petite ville américaine. Un suspens qui ne laisse aucun repos au lecteur, pris à la gorge jusqu’au chapitre final. Un thriller qui prouve une nouvelle fois que Stephen King reste le maître du genre.

Flint City, Oklahoma. En ce beau jour d’été, la ville est rythmée par une finale sportive d’importance. Un événement rapidement éclipsé par un terrible drame : la découverte du corps du petit Peterson. Un gamin du coin, retrouvé dans un bois, égorgé, violé sauvagement. Rapidement, l’enquête s’oriente vers le coach sportif, Terry Maitland. Tout semble l’accuser : des témoignages, des traces d’ADN, du sperme retrouvé sur la victime. Arrêté, Terry Maitland conserve pourtant un calme olympien et persiste à clamer son innocence. Ce n’est pas lui, il était dans une autre ville au moment du drame, avec des collègues, pour participer à une conférence. De fait, l’officier chargé de l’enquête, Ralph Anderson, ne peut que constater la véracité des propos du suspect. Une bande vidéo et les témoignages des collègues de Maitland prouvent bien qu’il était à la conférence. Pour l’officier Anderson, « il n’y a cependant qu’une seule vérité inébranlable : un même homme ne peut pas se trouver à deux endroits à la fois. » Et l’ADN ne se trompe jamais.
Au moment de présenter le suspect au tribunal, l’enquête prend soudainement un virage décisif. Comme l’univers est infini, tout est possible. Ralph Anderson va l’apprendre à ses dépens.

Avec L’Outsider (éditions Albin Michel), Stephen King surprend ses lecteurs avec une intrigue qui débute par une intrigue policière classique avant de basculer dans le surnaturel. Difficile de ne pas imaginer l’auteur derrière son clavier, le sourire aux lèvres, satisfait de faire frissonner ses fans. Nul doute, son Outsider est réussi, comme un rappel à ses premiers romans. Avec l’horreur qui s’infiltre dans le quotidien banal d’une petite ville de province. Avec des personnages déroutés par cet outsider.

Qui est-il ? Ne comptez-pas sur nous pour vous le dire et ruiner la fin de ce roman qui va hanter vos nuits de lecture. Stephen King joue avec ses lecteurs, comme un chat avec une souris, en distillant quelques éléments personnels, comme sa passion pour la musique des sixties, ou la présence de l’auteur de romans policiers Harlan Coben en guest star. Sans oublier l’allusion à Mr Mercedes, notamment, en la personne d’Holly Gibney, personnage important dans L’Outsider.

Où classer ce thriller sur l’échelle de la bibliographie de King ? Parmi les meilleurs romans, assurément. Pour son talent à surprendre, à faire sursauter le lecteur. Mais aussi pour sa capacité à plonger le lecteur dans l’intrigue dès les premières pages. On ne lit pas l’Outsider. On le vit.

Un excellent thriller qui donne également à Stephen King l’occasion de dénoncer la violence faite aux enfants et le manque d’esprit critique de la société. « Les gens ne voient pas les explications qui se situent en dehors de leur perception de la réalité. »

Philippe Degouy

l'outsider

Image 1 : copyright Stephen King / Couverture : éditions Albin Michel

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