Chronique Littéraire Livres

SAMUEL LE BIHAN : « IL FAUT PRENDRE LE BONHEUR LA OU IL SE TROUVE »

LIVRES. La Chronique littéraire de Philippe Degouy :
« Un bonheur que je ne souhaite à personne ». Roman de Samuel Le Bihan. Préface de Jean-Christophe Rufin. Editions Flammarion, 248 pages, 18 euros

Acteur connu pour ses rôles plutôt virils, Samuel Le Bihan livre un premier roman dans lequel il dévoile sa sensibilité. Celle d’un père confronté à l’autisme de sa fille et qui surmonte cet handicap. Pour elle, pour lui. Son roman est généreux, émouvant et propice à l’optimisme.

« Rien ne prépare à cela.. » Quand Laura, la petite quarantaine, apprend que son plus jeune fils, César, sera différent des autres gamins, c’est comme si le monde s’était écroulé autour d’elle. Son fils de six ans est autiste.

Voilà la jeune mère de famille, accablée par l’annonce de ce choc, lâchée par son compagnon, obligée de gérer en plus de César un ado en pleine crise, Ben. Rapidement, Laura va développer des capacités de défense insoupçonnées. Pour que César aille à l’école, comme n’importe quel petit garçon de la République. Pour qu’il ne soit pas enfermé dans un institut spécialisé. Son combat sera celui de tous les instants. Mené contre l’administration, la peur du handicap, la peur du regard des autres. Cette lutte la poussera aussi à se mettre en danger. « Avoir un enfant handicapé, c’est comme entrer dans les ordres. Quelque chose de plus grand que soi prend le contrôle.  »

Dans cet orage terrible, Laura, qui ne pensait plus à l’amour, trouve en Mathieu un rayon de soleil. Pour l’aider à réapprendre à penser à elle, à aimer un homme. Pour « faire de ce qui nous arrive quelque chose de beau. Notre seule chance de nous en sortir. A force d’épreuves, j’ai compris qu’il fallait prendre le bonheur là où il se trouve. »

Un beau roman que celui rédigé par l’acteur Samuel Le Bihan. Son premier, au titre superbement choisi, « Un bonheur que je ne souhaite à personne » (éd. Flammarion). Il résume parfaitement le drame des parents d’un enfant handicapé. Avec tendresse, l’auteur dresse le portrait d’une femme qui s’est forgée une armure pour affronter tous les obstacles liés au handicap de son fils autiste. Pudique, Samuel Le Bihan a préféré la fiction pour raconter cette maladie qui le touche lui aussi, père d’une jeune fille atteinte par la maladie. Le combat de Laura, c’est le sien.

Son livre, généreux et émouvant, constitue un bel hommage rendu à ces milliers de parents qui sacrifient tout pour le bonheur de leur enfant « différent ». Sans cesse au front, à tenter de faire bouger les lignes et à dire non au renoncement, à la bureaucratie. Son roman démontre aussi qu’un drame n’empêche pas le partage, l’amour.

Souvent, ce sont les méchants qui gagnent à la fin. Non, pas toujours.

Philippe Degouy

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