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RENCONTRE : GEORGES LEBOUC, AUTEUR ET ENFANT CHERI DE BRUXELLES. AH NON PEUT-ÊTRE?

INTERVIEW. Rencontre littéraire : Georges Lebouc, auteur et enfant chéri de Bruxelles. Par Philippe Degouy

Ancien professeur (d’italien, d’espagnol, de littérature et de sémantique) dans l’enseignement supérieur, Georges Lebouc est aussi un vrai ketje de Bruxelles. Sa ville natale, aimée, célébrée dans de nombreux ouvrages. Une ville au langage fleuri, abscons pour les visiteurs qui l’entendent dans les estaminets bruxellois. Rencontre avec une figure du paysage culturel bruxellois.

Le Bruit de Bruxelles : Georges Lebouc, pourquoi cet amour sans bornes pour Bruxelles et le bruxellois ?

Georges Lebouc : (grand sourire) La question est simple même si elle est double. J’aime Bruxelles parce que j’y suis né (rue des Eperonniers, à deux pas de la Grand Place où existait autrefois une clinique devenue immeuble à appartements). J’y ai vécu toute ma vie mais, pour être précis, mes domiciles furent toujours ixellois.

A l’instar de beaucoup de Belges, j’ai souvent « râlé » contre la « Capitale de l’Europe » mais il suffisait d’un séjour à l’étranger (et ce pouvait être en France, ma seconde « patrie » puisque je suis double-national) pour que je me rende compte que l’on n’est pas si mal dans (ou plutôt sur) notre « petite terre d’héroïsme » (comme l’appelait feu l’hebdomadaire Pan).

Quant à mon amour pour le bruxellois, il tient au fait que c’est sans doute la langue la plus imagée et la plus inventive que je connaisse. Ma mère la pratiquait de temps à autre et tous les ouvrages que j’ai rédigés sur le bruxellois constituent une longue suite d’hommages que je lui rendais.

Qu’est-ce qui fait le charme de Bruxelles ?

Vaste question. Bruxelles peut s’enorgueillir de quelques merveilles comme la Grand Place dont l’unité dans le baroque est unique au monde. Mais j’ai surtout été sensible aux Bruxellois plus encore qu’à Bruxelles. Ils constituent une « race » à part, mêlant leur gentillesse à un je m’en-foutisme qui trouve sans doute son explication dans l’Histoire. Depuis les Romains (et peut-être avant), nous avons en effet été envahis par de belliqueux voisins comme les Français, les Hollandais, les Espagnols, les Allemands, les Autrichiens et tutti quanti. Comment résister à ces puissants pays quand on est tout petit ? Tout simplement en ne les prenant pas trop au sérieux, voire en les ridiculisant ! Bruxelles n’a-t-il pas pour symbole un petit garçon tout nu qui n’hésite pas à arroser tout un chacun de son jet puissant ? (rires)

Amoureux de Bruxelles depuis toujours, comment voyez-vous la ville aujourd’hui, en constante transformation ? Eprouvez-vous des regrets pour le Bruxelles d’antan ?

Au risque de passer pour un vieux croûton, je dois avouer que je « descends » de plus en plus rarement dans le « Pentagone » que les travaux du métro ont bouleversé, suivis par les « initiatives » de bourgmestres qui ne se montraient guère à la hauteur de leur tâche. Mais qui tentaient malgré leurs faibles compétences de laisser leur empreinte à l’instar de ces petits chiens que l’on appelle des zinnekes.

Pour revenir à votre passion pour l’écriture, avez-vous de nouveaux livres en attente de publication ? Bruxelles constitue-t-elle toujours une belle source d’inspiration ?

J’aurais aimé écrire un livre sur les Galeries Saint-Hubert et un autre sur Léopold II en tant que roi bâtisseur mais ces deux projets n’ont intéressé aucun des éditeurs auxquels je les ai soumis. Hormis ces projets, j’ai terminé un très gros ouvrage intitulé Politique et mensonge, mais je crains aussi de me heurter à des refus.

Le message est passé, si un éditeur nous lit, il peut nous contacter.

Avec plaisir.

Pour terminer, pourriez-vous nous livrer quelques-unes de vos meilleures adresses à Bruxelles ? Des pépites connues des seuls vrais Bruxellois.

Je conseillerais, pour commencer, le parc d’Egmont, proche du Sablon et du boulevard de Waterloo. Ce parc a l’avantage d’être d’une extrême discrétion : on n’y entre qu’en longeant The Hotel ou en passant par des « ouvertures » pratiquées entre des maisons de la rue du Grand Cerf ou de la rue aux Laines (entre le 32 et le 34).

L’intérieur de ce parc, est entièrement « encerclé » de maisons, mais il est tellement charmant qu’on les oublie pour admirer un des côtés du Palais d’Egmont et une charmante statue de Peter Pan, copie de celle de Kensington Gardens à Londres.

Ce qui ne gâche rien, une orangerie rectangulaire construite au début du XIXe siècle est devenue un restaurant où l’on peut manger un lunch et même un petit déjeuner, sans compter un brunch le dimanche. L’endroit a un charme fou.

Je conseille de quitter ce parc par la rue aux Laines. Ce faisant, on pourra lire, gravées dans la pierre, quatorze citations tirées de l’Oeuvre au noir de Marguerite Yourcenar (née avenue Louise).

Pour mêler culture et restauration, je conseillerais aussi la terrasse du Mim (Musée instrumental, 2 Montagne de la Cour) qui surplombe la place royale et offre une vue panoramique sur le centre de Bruxelles et les environs du Parc de Bruxelles. Idéal pour les amateurs d’Art Nouveau, on peut y manger un brunch le dimanche (midi évidemment).

Propos recueillis par Philippe Degouy

Petite bibliographie non exhaustive :

Dictionnaire du bruxellois (Le Cri)
Dictionnaire de belgicismes (Racine)
Dictionnaire érotique de la francophonie (Racine)
Le bruxellois en septante leçons (Labor)
Les zwanzeurs. Anthologie de l’humour bruxellois (Labor)

 

belge_une_fois_6

Images: 1- Georges Lebouc, photoDR / 2- objet de la collection belgeunefois.com

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