Critique Spectacles Théâtre

« PILOU CARMIN », SOUVENIRS D’ALGERIE

CRITIQUE. « Pilou Carmin » de Anne-Laure Mouchette et écriture collective de plateau – au théâtre Marni du 26 au 28 février et du 12 au 15 mars.

Rigueur et discipline au LABO du théâtre Marni ! Service militaire et départ pour l’Algérie : « Pilou Carmin » est une trace de vie façonnée par l’ambiance et la corporalité.

Le ton est donné dès le départ. À l’entrée, les spectateurs sont enjoints à respecter l’ordre et la discipline en répondant à l’appel de leur nom. Dans la salle, le plateau vide et très profond du LABO devient le lieu d’entrainement. Discipline, exercices physiques et cadence militaire instaurent très vite l’ambiance. Les comédiens donnent de leur personne et c’est peu de le dire. Le rapport d’autorité mis en scène va jusqu’à mettre le public mal à l’aise, jusqu’au moment où cette autorité est elle-même décrédibilisée par un supérieur hiérarchique. Une touche de légèreté est tout de même présente. Les armes sont remplacées par des parapluies colorés. Une image presque onirique dans une ambiance de service militaire plutôt cruelle. Dans un premier temps, ce ballet très visuel crée une atmosphère intéressante.

Sur le plateau, les corps représentent d’abord simplement des soldats parmi d’autre. C’est seulement par la suite qu’on leur découvre un prénom, un passé, une vie, une identité propre. Parmi eux, Pilou Carmin. Alors qu’il apprend qu’il est papa, dans une explosion de joie, le jeune soldat court voir sa fille. Il sera très durement sanctionné pour avoir déserté et envoyé dans le bataillon des tirailleurs algérien. Là, il vivra des horreurs se battra aux côtés des harkis (les algériens qui combattent pour le France).

La pièce est conçue comme un souvenir, un témoignage. Elle est le fruit de paroles et d’expériences différentes entremêlées. On aurait quand même peut-être voulu en savoir plus sur les personnages qui sont assez vite présentés et mis de côté. Même Pilou Carmin manque d’un peu de profondeur. Cet assemblage de scènes, très bien exécutées en elles-mêmes, donne un résultat un peu creux. Au final, le spectacle résonne comme un souvenir dont il ne nous reste que quelques bribes, juste quelques détails. Néanmoins il faut souligner le jeu exceptionnel des cinq jeunes acteurs qui se donnent à fond dans l’interprétation et la performance physique.

Sophie Decaestecker

Interprétation : Barnabé Couvrant, Romain Merle, Simon Letellier, Clément Papachristou, Anna Solomin / Mise en scène : Anne-Laure Mouchette assistée de Coline Fouquet / Création lumière : Sylvain Formatché, Alice De Cat / Costumes : Emmanuelle Erhart / Scénographie : Irma Morin

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