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SANAM KHATIBI, « THE MURDERS OF THE GREEN RIVER » CHEZ RODOLPHE JANSSEN’

EXPOSITION. Sanam Khatibi – ‘The Murders of the Green River’ – Galerie Rodolphe Janssen, Bruxelles – Du 12 janv. 2019 au 23 févr. 2019 – Vernissage le samedi 12 janvier de 14h à 20h.

Green River, dans l’État de Washington, aux États-Unis, coule vers le sud-est de l’aéroport international de Seattle-Tacoma vers le mont. Rainier National Park. Sa trajectoire plonge les annales interstitielles de l’industrie humaine dans la nature édénique, une idylle à feuilles persistantes.

Il y a 15 ans, Gary Ridgway, le tueur en série le plus prolifique de l’histoire américaine, a été condamné à la réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle pour le meurtre brutal de 90 femmes, dont beaucoup étaient impliquées dans le commerce du sexe, une profession que Ridgway déteste et fétiche . Ridgway a étranglé ses victimes puis a jeté leurs corps dans des zones forestières, principalement autour de Green River, ce qui lui a valu le surnom de «tueur de la rivière verte». Il revenait souvent dans ce paysage pour avoir des relations sexuelles avec les corps en décomposition de ses victimes.

Pour sa deuxième exposition personnelle chez Rodolphe Janssen, Sanam Khatibi prend le nom de cette histoire sordide comme titre de son exposition, «Les meurtres de la rivière verte». Khatibi est un fervent adepte du genre du crime en plein essor, fasciné par les représentations de les pulsions humaines les plus odieuses intégrées dans des circonstances quotidiennes. Son monde pictural est peut-être enveloppé dans une nature révolue et baigné d’une lumière radieuse, mais au sein de cette beauté se cache la plus infime violence humaine: des refus impitoyables et téméraires de tout contrat social.Les corps roses – principalement des hommes – se font la guerre, revendiquent de l’espace. Désespérés, ils chassent, ils tuent, ils copulent, ils font pipi, ils prient, ils se cachent. Vaincus, ils sont suspendus au cou par des arbres et sont retrouvés noyés dans la rivière, le cul en l’air.

Notre société est une société en accélération: le désir humain est concrétisé par des processus abstraits ahaptiques, distants. Et donc, il existe peut-être un désir ardent pour des temps plus brutaux: la bataille, la mort et le sexe se déroulent brutalement en public. Pieter Bruegel, Jérôme Bosch, Lucas Cranach l’Ancien et d’autres maîtres de la première Renaissance septentrionale ont représenté ce chaos, exaltant et mettant en garde contre sa beauté grotesque. L’émergence de l’humanisme et la poursuite de la beauté se reflétaient ainsi dans la dure violence de la vie quotidienne: la persistance de l’existence humaine contre l’abjection et la domination.

Khatibi explore ses peintures dans cette veine, avec des décors qui démentent la violence de nos pires impulsions primales: notre perte de contrôle face au spectre de la survie. Ses récits se déroulent autour de lacs et de cours d’eau cristallins, parmi des fonds verdoyants, une planche de bois brut créant un ciel rosé. Aussi idyllique soit-il, Khatibi nous confronte aux profondeurs de la destruction humaine, à notre besoin d’étendre le territoire, mais également à notre animalité fondamentale, à tout prix et au nom de la promotion humaine.Ses personnages, les animaux qu’ils chassent et les créatures mythologiques avec lesquelles ils se débattent sont insensibles à ce paysage sinueux, rendu encore plus vulnérable par leurs approximations figuratives approximatives. Ces esquisses d’une activité effrénée donnent l’impression que – comme Khatibi elle-même, peut-être – nous aussi nous sommes perchés dans un arbre à proximité, essayant avec ferveur de digérer le chaos qui se déroule devant nos yeux. Une parabole obsédante pour notre époque.

Green River, in Washington State, USA, flows south-eastward from Seattle-Tacoma International airport toward Mt. Rainier National Park. Its trajectory snakes the interstitial annals of human industry into edenic nature, an evergreen idyll. 15 years ago, Gary Ridgway, the most prolific serial killer in American history, was sentenced to life imprisonment without parole for the brutal murders of up to 90 women, many of whom were involved in sex work, a profession that Ridgway both abhorred and fetishized. Ridgway strangled his victims then dumped their bodies in forested areas, mostly around Green River, which earned him the moniker ‘the Green River Killer’. He often returned to this landscape to have sexual intercourse with the decaying bodies of his victims.For her second solo exhibition at rodolphe janssen, Sanam Khatibi takes the name of this sordid story as the title of her exhibition, “The Murders of the Green River.” Khatibi is an avid follower of the burgeoning true crime genre, fascinated by depictions of the most odious human impulses embedded in everyday circumstances. Her painterly world may be swathed in bygone nature and bathed in radiant dawn light, but held within this beauty is the basest of human violence: merciless, reckless refusals of any social contract.Pink bodies—mostly male—wage war, claim space. Desperate, they hunt, they kill, they copulate, they pee, they pray, they hide. Defeated, they hang by the neck from trees, are found drowned in the river, ass up.Ours is a society in acceleration: human desire is enacted through abstract processes that are ahaptic, distant. And so there exists, perhaps, trepidatious longing for more brutal times: for battle, death, and sex to unfold rawly in public. Pieter Bruegel, Hieronymus Bosch, Lucas Cranach the Elder, and other masters of the northern Early Renaissance depicted this chaos, exalting and warning against its grotesque beauty. The emergence of humanism and the pursuit of beauty was thus mirrored in the stark violence of everyday life: the persistence of human existence against abjection and subjugation.Khatibi explores her paintings in this vein, with settings that belie the violence of our worst primal impulses: our loss of control when faced with the spectre of survival. Her narratives unfold around crystalline lakes and streams, amongst verdant backgrounds, raw wood board enacting a pinkened sky. However idyllic, Khatibi confronts us with the depths of human destruction, our need to expand territory, but also our basic animality, at any human cost, and in the name of human advancement.Her figures, the animals they hunt, and the mythological creatures they grapple with are puny against this winding landscape, rendered all the more vulnerable by their rough figural approximations. These sketches of rampant activity lend the sense that—like Khatibi herself, perhaps—we too are perched in a tree nearby, fervently trying to digest the chaos unfolding before our eyes. A haunting parable for our times.

Rodolphe Janssen
Rue de Livourne, 35
1050 Ixelles

image: Sanam Khatibi « On wilder shores », 2018 – Oil, pastel and pencil on panel24 x 31 cm; 9 1/2 x 12 1/4 in

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